« Quand on regarde au fond du coeur humain, on n'y trouve guère que des instincts contraires à l'égalité ; et ces instincts sont les plus violents de tous puisqu'ils s'appellent l'orgueil, l'envie, l'égoïsme, l'intolérance, la passion de jouir et de dominer. Et si les hommes tiennent tant à l’égalité, c’est simplement parce qu'ils voient dans l'égalité le premier titre de leurs prétentions, et le moyen direct de s'élever au-dessus des autres. » Maurice JOLY
C'est un choix ! S'intéresser aux autres où s'écouter soi-même ! Plutôt délaissé, cet espace un
peu particulier a au moins cette qualité de ne répondre à aucune de ces obligations de productivité auxquelles nous nous laisserions facilement gagnés et qui engendre parfois des inepties ou des
excès mal contrôlés.
J'ai signé ces jours ci la pétition lancée par AVAAZ visant à interpeller l'ONU, le G8 et l'UE sur les conséquences catastrophiques de la crise alimentaire mondiale qui gagne comme un véritable
cancer tous les pays économiquement faibles. J'ai aussi comme beaucoup, adhéré précédemment à la cause tibétaine, comme j'ai signé également la pétition contre la dictature birmane, comme celle
destinée à convaincre les candidats à l'élection présidentielle américaine de reconsidérer l'ordre humanitaire, et aussi d'autres pétitions comme celle sur la défense du principe de laïcité, et
puis d'autres....
C'est aussi un choix !
Mais, comment passe t'on de l'égoïsme pervers à l'intérêt sincère envers ses semblables ?
Peut-être parce que notre expérience et l'histoire nous apprend que l'individu est méprisable. Que la société est méprisable ! Et que seul, « l'homme » reste l'ultime espoir.
Parce que, rejetant toutes ces prétentions dérisoires nuisibles à la cause humaine, je m'estime, en mon âme, membres de cette grande famille universelle. Que je me sens intimement lié à chaque «
être pensant » malgré cette terrible condition qui nous frappe tous, et qui nous rend tous si condamnables. Parce que je m'inscris, comme, citoyen dissident de ce monde dont j'en rejette toutes
les règles et les obligations qui ne servent uniquement que les intérêts des maîtres dirigeants des grandes puissances économiques et politiques. Parce qu'il est aussi du devoir de chacun de
s'opposer à tout ce qui porte atteinte aux biens de l'homme, à l'unité, et aux droits fondamentaux. Parce qu'il en va de notre salut de nous élever sans conditions contre toutes les injustices,
contre tout ce qui n'est pas dans le respect, la liberté et l'égalité de chacun.
Oui, toutes ces nobles et inestimables ambitions qui nous maintiennent en espérance et qui nous donnent l'envie tenace de revendiquer un monde meilleur, plus humain et plus juste.
Et peut-être, nous sauver ainsi nous-même de nos propres erreurs ; nous rendre moins coupables...
Ainsi, les misérables particules que nous sommes, noyées dans ce monde si vaste, n'avons pour seule arme que d'exprimer nos colères et nos compassions dans tous les chemins auxquels nous pouvons
accéder, de nous unir à d'autres particules et de créer ainsi la masse qui permet de rompre toute soumission.
Tout cela me laisse néanmoins cet arrière goût amer d'un acte dérisoire et désespéré face à une adversité si puissante et si inaccessible, dirigée par un ramassis de politiques qui nous
manipulent comme des pions. Et nous servons ainsi, contre notre volonté, à de multiples intérêts démunis de toute humanité et qui ne sont pas les nôtres. Nous laissant aussi cette sensation
pesante que notre destin, nous échappe et nous rend chaque jour plus esclave et plus soumis que jamais.
AAMB