« Quand on regarde au fond du coeur humain, on n'y trouve guère que des instincts contraires à l'égalité ; et ces instincts sont les plus violents de tous puisqu'ils s'appellent l'orgueil, l'envie, l'égoïsme, l'intolérance, la passion de jouir et de dominer. Et si les hommes tiennent tant à l’égalité, c’est simplement parce qu'ils voient dans l'égalité le premier titre de leurs prétentions, et le moyen direct de s'élever au-dessus des autres. » Maurice JOLY
Dans un récent article de blog, Alduy développe ses arguments sur une de ses interventions au Sénat au cours de
laquelle il exprime haut et fort l'importance de réhabiliter les langues régionales et de leur attribuer une véritable légitimité ; réclamant à leur égard, une reconnaissance républicaine.
Entendons par langue régionale, principalement la sienne. Celle qui devrait selon lui, s'imposer à toute l'Europe, voire à la planète entière... La mégalomanie, en la matière, n'a pas de
limites... (lui semble t'il....).
Le démagogue est adroit. Il sait que cette cause à défendre lui est bénéfique en terme d'électorat et il l'a bien compris depuis longtemps. Il en a, d'ailleurs, fait son habit de parade qu'il «
astique » consciencieusement pour les grandes occasions où quand les obligations ou nécessités politiques l'exigent.
Parmi ses farouches partisans, adeptes de cette identité obsessionnelle, il y a les irréductibles (ceux qui absorbent le catalanisme par overdose jusqu'à en perdre le sens de la réalité). Il y a
aussi les indifférents qui se laissent néanmoins gagner par une image locale qui les flatte délicieusement et compense, par ailleurs, leur manque de reconnaissance. Il y a également les moutons
benêts qui suivent ce troupeau d'ânes catalans sans inspiration particulière, mais uniquement par mimétisme de comportement. Et puis, il y a les lâches, ceux qui n'osent pas s'affronter à ce
courant obséquieux parce qu'il est de mauvaise stratégie de s'opposer à la dictature des pseudo détenteurs des lieux. Enfin, toute une communauté qui se satisfait d'un orgueil qui lui permet de
dissimuler toutes ses imperfections au travers d'un artifice populaire. Et tout cela, dans une région qui reste néanmoins une des plus socialement sinistrée de notre pays.
Fort heureusement, il y a les lucides, ceux qui abordent le XXIième siècle comme il se doit. En prenant en compte les réalités sociales et la nécessité de s'unir plus largement pour se maintenir
dans une société qui nous permette à tous, de vivre à l'échelle de nos ambitions humaines.
La culture catalane ne pose de problème à personne, dés lors où elle reste à la place qui lui revient. Dans l'histoire et la connaissance. Dans les lieux de culture. Pas dans des institutions
civiles et républicaines.
Alors, oui, évidemment, il y a bien cette notion d'héritage culturel indéniable. Mais qui a l'allure d'un grand blason qui s'affiche à la porte de cette sorte de forteresse intellectuelle qui
protége la prétention collective de toute autre vérité avérée qui pourrait lui nuire.
Alduy l'exploite avec adresse, prônant la "catalinité qui enrichit", rejetant faussement le "catalanisme qui divise ou qui altère l'environnement économique, social et culturel local". Une bien
noble disposition si elle n'était pas nourrie de contradictions et d'intérêts.
L'héritage catalan" est une culture, et uniquement une culture. Il appartient au passé, au profit de tous et de chacun, à toute la collectivité intellectuelle. Chacun le prend (ou ne le prend
pas) comme tout savoir. C'est en cela où il s'associe aux droits fondamentaux. L'intégrer dans le fonctionnement de notre république ou lui donner un quelconque statut juridique, serait contraire
à la neutralité et aux fondements de cette même république, qui est, et qui doit rester une communauté unique, dans une communication unique et partagée entre tous.
"La francophonie inclut toutes les langues de France" rajoute le sénateur. Certainement pas! La nation est une unité qui se doit, pour être cohérente dans son ensemble, d'utiliser un dialecte
commun à tous, sans aucune exception, excluant totalement tout particularisme.
Bien évidemment qu'il y a, dans toute culture, une part qui revient à l'identité individuelle et collective au sens du groupe, mais certainement pas collective au sens de la nation.
Et puis, la seule complémentarité de langue acceptable est celle qui nous permettra à tous, de nous rapprocher du monde extérieur. La modernité et l'avenir reposent sur nos capacités à
communiquer avec les autres nations ; et bien au-delà de l'Europe. Et contrairement à ce qu'essaie de nous faire croire JPA, ce n'est pas avec du "Catalan" que nous investirons le monde. Et,
excusez-moi du peu, mais j'ai beaucoup de mal à imaginer l'autochtone catalan du coin communiquer dans son petit patois local avec des interlocuteurs américains, russes, indiens, asiatiques ou le
reste de la planète (je soupçonne certains d'avoir essayé avec E.T.).
Alors laissons le "catalanisme" à la culture, et le reste à la société, elle se construira d'elle-même sans avoir besoin de s'entourer d'artifices prétentieux.
Et arrêtons de faire de la masturbation débile sur le "catalanisme planétaire" sous le prétexte qu'un jour, un clown mystificateur a déclaré la vulgaire gare ferroviaire du lieu comme étant le
"Centre du Monde".
AAMB